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Répression policière

Dictature sanitaire totale à Melbourne

Un gouvernement de gauche libérale d'un État australien a exploité l'opportunité que représente la pandémie pour imposer un régime autocratique. Est-ce pour la France l'annonce des choses à venir ?

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Police anti-émeute à Melbourne
Police anti-émeute à Melbourne (Julian Meehan / Wikipédia)
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Par Marius P.
Lecture 5 min

Le projet de loi déposé devant le parlement de l'État fédéral de Victoria, en Australie, est un véritable coup d’État institutionnel. Si cette loi passe – et elle passera – le premier ministre pourra diriger l'État par décret. Il aura les mains libres pour instaurer des couvre-feux, des confinements de trois mois renouvelables, des interdictions de manifester et des fermetures d’entreprise dans des secteurs entiers d’activité. Toutes ces mesures pourront être prises de façon discrétionnaire, sans le moindre contrôle parlementaire.

Vers l'instauration d'un régime autocratique

Un député libéral de l’opposition, Tim Smith, a dénoncé à juste titre le caractère draconien de ce projet de loi. Cela fait presque une année entière que les 5 millions d’habitants de la métropole de Melbourne sont sous l’empire des lois d’exception. Celles-ci restent encore en vigueur malgré la levée du confinement du 21 octobre et alors que la population avait pourtant été mise au placard pendant 262 jours. Aucune autre population en temps de paix n’a subi une si longue séquestration en ce début de siècle.

La férule gouvernementale continue toujours et elle n’admet aucune résistance. Toute personne manifestant contre les mesures sanitaires sera bientôt passible de 90 500 $AU d’amende (57 845,59 €) et de deux ans de prison. Il n’est pas étonnant que l’opposition parlementaire craigne que le premier ministre de l’État fédéré n’utilise ces dispositions pour s’attaquer à toute dissidence.

Les parlementaires ne sont eux-mêmes pas à l’abri de ces mesures. Leur pouvoir de contrôle a été considérablement réduit. Par exemple, la motion du libéral d’opposition David Limbrick visant à permettre à la commission parlementaire portant sur la gestion de la crise sanitaire de reprendre ses travaux a été rejetée ce mercredi 27 octobre. Ce même David Limbrick, accompagné de Tim Quilty, ont d’ailleurs été mis à la porte du Parlement et interdits de voter. Résistants jusqu’au bout, ils avaient refusé de se faire vacciner. Privés de droit à la parole, ils se sont assis sur des chaises sur le parvis du bâtiment pour poursuivre leurs discussions.

L’Australie se rend ici coupable des chefs d’accusation qu’elle impute à la Chine. Le régime australien a récemment conclu un pacte anti-chinois d’alliance maritime avec les États-Unis (AUKUS). Pour donner un vernis humanitaire à ses actions de menace impérialiste, la classe politique beugle d’une seule voix contre la répression des pseudo-révolutionnaires de Hong Kong et répand cette fausse nouvelle (fake news comme on dit) du « génocide Ouïghour » qui est aussi improuvable que les armes de destruction massive de feu Saddam Hussein.

Comme dit la Bible, les impérialistes australiens devraient d’abord voir la poutre qui les aveugle, car ils sont la nation qui est construite sur le génocide des Aborigènes et enrichie par les gisements de Papouasie arrachés aux locaux préalablement exterminés par leurs laquais indonésiens.

Le soulèvement populaire et ouvrier contre l'obligation vaccinale

Le premier ministre de l'État de Victoria use de la vaccination de façon plus brutale qu’Emmanuel Macron avec le passe sanitaire. Non seulement les travailleurs dits « essentiels » ont été forcés à être vaccinés, mais aussi les travailleurs du bâtiment. Le gouvernement a d’abord fermé les salles à manger des chantiers où les travailleurs prennent leur casse-croûte du midi. Tim Pallas avait d’ailleurs qualifié ces pièces de « salons de thé » (tearooms). Voyez donc le mépris bourgeois ! Ensuite, le gouvernement a lancé un ultimatum aux ouvriers : « vous avez six jours pour vous faire vacciner ou vous êtes virés ! »

Pire encore, le 20 septembre, un lock-out, c’est-à-dire une grève patronale, de 2 semaines a été imposé en réponse à un soulèvement ouvrier. 2 000 manifestants avaient pris d’assaut le siège du syndicat CFMEU, jugé beaucoup trop complaisant avec le gouvernement. En effet, ce syndicat, comme beaucoup d’autres, avait préféré prendre le parti de la modération en ne critiquant que l’absence de notification et de consultation des « partenaires sociaux » plutôt que de s’opposer frontalement aux mesures tyranniques.

Ce 30 octobre, un nouveau rassemblement a été organisé devant le Parlement. Un officier de police démissionnaire a pris la parole devant la foule pour appeler ses collègues « forcés par leur fiche de paie de suivre des ordres injustes » à fraterniser avec les manifestants. La voix de la masse s’est faite l’écho de cette démonstration d’éloquence : « rejoignez-nous ! » implore-t-elle au cordon policier protégeant le bâtiment.

Cependant, comme en France, les serviteurs armés du régime sont sourds à la plainte qui s’élève. Pourtant, il suffit qu’ils pivotent de 180 degrés pour lever le talon de fer qui opprime les citoyens. Il semblerait que la plupart d’entre eux préfèrent se comporter en fanatiques de l’ordre sanitaire et moral, comme ce kapo de policier qui va jusqu’à arrêter un passant ne portant pas de masque pour vérifier si sa tasse contient bien du café. Befehl ist Befehl.

Le masque de la social-démocratie tombe

Les syndicats et les organisations de gauche se mettent du mauvais côté de l’histoire. Certains par « anti-fascisme », d’autres par volonté de se démarquer des « populistes ». Le point de vue de la gauche libérale, qui n’adhère pas forcément à la politique de vaccination au forceps, est essentiellement méprisant et paternaliste. Chip Le Grand, journaliste bien-pensant parmi tant d’autres, a au moins le mérite de concentrer en une formule éloquente leur vision de la populace : « un groupe d’hommes tristes à qui on a montré le chemin de la sortie et qui refusent de faire le premier pas ».

Le discours gouvernemental, quant à lui, oscille entre infantilisation et une haine de classe à peine voilée. Bill Shorten, ancien syndicaliste et député travailliste, qualifie les manifestants de « nazis » et « d’hommes qui se comportent comme des bébés ». Le premier ministre quant à lui avertit les réfractaires : « les manifestations ne marchent pas. Ce qui marche, c'est se faire vacciner, c'est suivre les règles. C'est comme ça qu'on peut rester ouvert, c'est comme ça qu'on rouvre [les commerces] ».

Le rôle des sociaux-démocrates, qu’ils soient proches ou non des gouvernements, est le même : vaincre la résistance populaire et faire passer la plèbe sous les fourches caudines de leurs maîtres. En qualifiant leurs opposants de fascistes, les dirigeants australiens ne font que projeter sur la foule leur véritable nature. Ces mêmes hommes qui ont bâti la démocratie libérale la détruisent de leurs propres mains. Le libéralisme-libertaire au visage sympathique de l’Australie se transforme ainsi lui-même en libéralisme autoritaire, en néofascisme.

La tyrannie sanitaire démontre que la montée du néofascisme n’est pas exogène mais endogène au système. Il ne vient pas de la rue, mais des lieux de pouvoir, car il n’y a pas de chemises brunes qui défilent à Melbourne : ce sont les gouvernants eux-mêmes qui changent de veste.

→ À lire aussi : La gestion désastreuse de la crise du covid-19 alimente le développement du nouveau fascisme

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