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Lutte sociale

La CGT face au gauchisme

Lors de la manifestation du 1er mai 2021, la CGT a été attaquée par plusieurs activistes d’extrême-gauche. Mais qui sont ceux que l’on appelle les « gauchistes » et en quoi sont-ils dangereux — et même, à bien des égards, réactionnaires — vis-à-vis de nos luttes émancipatrices ?

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Logos CGT et Anarchiste
Logos CGT et Anarchiste (Inconnu / Youtube - Communistes Français)
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Par Quentin L.
Lecture 4 min

Note préliminaire : cet article est une retranscription de la vidéo — ci-dessous — de nos camarades Communistes Français, corrigée et adaptée pour la lecture.

fond blanc

À la manifestation du 1er mai 2021, on a assisté à l’agression de la CGT par plusieurs dizaines d’individus, et le service d’ordre de la CGT a répliqué comme il se devait. Il est difficile de savoir qui exactement est responsable de ces agressions, mais les principales personnes qui ont glorifié ces actes sont clairement des activistes d’ultra-gauche qui ont l’habitude de pourrir les manifs de la CGT depuis des années.

Ce qui est certain, c’est qu’au-delà des éventuels torts du service d’ordre de la CGT pendant la manifestation, il y a des tensions très fortes qui existent entre, d’un côté, la gauche communiste et syndicale - qui est aux côtés des travailleurs - et de l’autre, les mouvements gauchistes, de type antifa ou black blocs.

On pourrait penser que ce phénomène est nouveau et qu’il est dû à une division récente de la gauche, une divergence idéologique, ou, comme la plupart s’y accordent, une simple question de stratégie. Sauf que le fait n’est pas nouveau et que le problème est plus profond que ça. Déjà, lors des manifestations lors de la loi Travail en 2016, on pouvait constater des heurts entre le service d’ordre de la CGT et les gauchistes.

Des groupes non-structurés, aux visées floues

Ces groupes gauchistes ne sont pas des organisations structurées ; ce sont au mieux des collectifs éphémères ou des autonomes qui se regroupent lors des manifestations. Il n’y a donc la plupart du temps pas de structure aboutie ni d'idéologie cohérente. On peut seulement en tirer grossièrement les traits suivants : ils se revendiquent de « l’anticapitalisme », de « l’antifascisme »… et de « la haine des flics ».

La stratégie des gauchistes, c’est de se livrer à des actions violentes et de faire de la casse pour à la fois faire parler d’eux et effrayer le gouvernement. Certains le font même pour accélérer la répression, en espérant entraîner avec eux les victimes de cette répression et les radicaliser.

Une incompréhension des luttes

Ils correspondent exactement à ce dont parlait Lénine lorsqu’il inventait le terme « gauchisme » (1). Les gauchistes sont les adversaires de gauche des communistes ; ils se prétendent plus révolutionnaires que tout le monde, mais n’ont aucune implantation dans le prolétariat.

Ces gauchistes refusent la nécessité de construire patiemment le rapport de force contre la bourgeoisie, et donc ils refusent aussi de prendre le pouvoir (mais c’est peut-être mieux comme ça !...). À l’inverse, la CGT mène ses offensives par la grève et montre sa puissance en défilant, avant de reprendre la lutte sur le lieu de travail.

On peut évidemment critiquer les nombreux problèmes internes de la CGT, il n’empêche que cette façon de mener la lutte a toujours été la même depuis un siècle et qu’elle a fait ses preuves dans l’Histoire.

Cependant, en tant que marxistes, ce serait une erreur que de penser que cette opposition aussi virulente viendrait de nos idées. Les marxistes vont étudier les conditions matérielles qui vont conduire à ces agissements pour pouvoir dégager des solutions.

Une majorité d’étudiants aisés venant des facs

Commençons par le profil du militant à la CGT. La CGT est majoritairement présente dans les secteurs industriels, moins dans l’agriculture, et ne l’est que très peu dans l’encadrement. Le membre de la CGT est donc un prolétaire type en France.

Les gauchistes n’étant pas forcément affiliés à une organisation, nous devons d’abord nous pencher sur la formation de leurs groupes pour déterminer leurs origines sociales.

Pour se former, la base de ces groupes se constitue souvent au sein des facs, générant des groupes composés de plusieurs types de personnes. D’abord des étudiants bien éduqués, qui endossent souvent le rôle d’initiateurs, suivis par des marginaux déclassés, et parfois même… des racailles. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des cortèges partir des facs.

Les étudiants à l’intérieur de ces groupuscules sont souvent en études de sciences sociales, d’art ou de lettres, études qui ne renvoient pas vers les métiers types des classes laborieuses françaises. Évidemment, il y a parfois des travailleurs précarisés dans ces groupes, mais le plus souvent ils n’en constituent qu’une infime minorité.

Alors qu’est-ce qu’implique le fait que des étudiants s’organisent au sein des facs ?

Contrairement aux prolétaires, les étudiants qui ne travaillent pas (2) ne luttent pas sur le lieu de travail, premier lieu de la lutte des syndicats. Il y a donc principalement deux facteurs qui vont déterminer leur engagement politique : la classe sociale, et l’hégémonie culturelle.

Pour ce qui est des étudiants qui travaillent — et qui sont très nombreux —, ils vont principalement lutter — s’ils en ont le temps — sur leur lieu de travail, et même si en effet certains vont militer dans leur fac, ils auront un pied dans le « monde du travail » et auront tendance à avoir des préoccupations liées à leur condition sociale, c’est-à-dire leurs études et le financement de celles-ci.

Tandis que les fils de bourgeois et de hauts-cadres qui ne travaillent pas, et qui sont souvent à l’initiative de ces groupes gauchistes, n’auront que des préoccupations liées à leurs études et à leur condition sociale. C’est donc logiquement ces derniers qui seront les plus présents au sein des groupuscules, qui vont gangréner la lutte, et la pourrir.

L’alliance avec le sous-prolétariat

Ces gauchos entraînent aussi dans leurs aventures — et il est important de le souligner — des sous-prolétaires. Le sous-prolétariat, qui a été défini par Marx comme étant la couche sociale la plus déclassée des milieux populaires, regroupe l’ensemble de ceux qui ne sont plus dans le monde du travail et vivent d’autres activités, comme les voleurs et les mendiants, et en particulier les délinquants.

Cette couche sociale n’est pas révolutionnaire car elle est déconnectée du monde du travail. Elle est, par ailleurs, à cause de sa grande précarité, potentiellement réactionnaire, car la grande bourgeoisie recrute souvent dans ses rangs pour briser les grèves, pourrir les manifestations syndicales et alimenter le monde du crime organisé.

Et c’est avec ce sous-prolétariat que les groupuscules gauchistes, comme les antifa ou autres, s’allient ; avec parfois aussi des personnes précarisées de bonne foi, qui peuvent être séduites à un moment donné par ce discours, influencées par l’hégémonie culturelle de la bourgeoisie, qui va valoriser sans arrêt la marginalité au détriment d’une discipline collective.

Une incapacité à s’organiser collectivement

Le gauchiste de la fac n’a donc d’autre moyen immédiat pour lutter que de se greffer aux manifestations organisées par la CGT ou les Gilets Jaunes. Par eux-mêmes, il ne sont pas capables d’organiser des manifestations massives de la classe laborieuse.

Le gauchiste qui n’est pas exposé au travail ne comprend pas que la CGT lutte contre le patronat sur ses lieux de travail. Il ne voit que la manifestation, et s’il ne voit que la manifestation, il pense que le principal combat se passe dans la rue. La manifestation n’étant qu’une arme parmi d’autres de la CGT, le gauchiste ne verra donc en la CGT qu’une organisation bonne à marcher en circuit fermé, et qui donc ne lutte pas.

Des méthodes dangereuses et risquées

La CGT n’a rien à gagner à tolérer les méthodes de ces gauchistes et des black blocs. Pire que ça, tolérer ces actions met en danger les membres de la CGT.

Par exemple, lors de ce 1er mai à Lyon, non seulement la CGT Uber-Deliveroo a elle aussi été agressée, mais en plus de ça, des camarades étaient en situation irrégulière, ce qui les a mis encore plus en danger. Les gauchistes, en attaquant la police si près du cortège de la CGT, ont donc exposé ces camarades à une interpellation… Les conséquences en auraient été terribles.

Comme l’indiquait le philosophe marxiste Michel Clouscard, le comportement de ces groupes d’ultra-gauche libéraux-libertaires a beaucoup de similitudes avec le comportement des fascistes, dans leur refus de l’action syndicale et de l’organisation politique marxiste (3).

D’ailleurs, ce genre de groupuscules anti-syndicaux se sont multipliés après mai 1968, et cela coïncide avec le début de l’affaiblissement du mouvement ouvrier et du Parti Communiste français.

Le gauchisme sert les intérêts du capital

Et naturellement, les gauchistes servent le capital, d’abord en dégoûtant les gens des manifestations, et puis en donnant un excellent prétexte au pouvoir pour accentuer la répression contre le mouvement populaire.

Ces actions gauchistes ont toujours servi de prétexte au capitalisme pour durcir la répression, voire même interdire les manifestations, qu'il s'agisse des attentats commis au XIXè siècle par les anarchistes en France ou en Russie - qui n’ont jamais aidé en quoi que ce soit le mouvement ouvrier - ou des actions violentes des casseurs pendant la loi Travail en 2016, qui ont contribué à aggraver la politique anti-syndicale du gouvernement Hollande.

La CGT a le droit de maîtriser ses propres manifestations, de défendre ses camarades, et de contrôler l’image qu’elle donne lors de ces manifestations.

Finalement, un gauchiste de perdu, dix prolos de retrouvés.


Notes :

(1) Lénine, « Le gauchisme. La maladie infantile du communisme. »
(2) Travailler au sens d'avoir un emploi... ne confondons pas « travail » et « emploi » !
(3) Michel Clouscard, « Néo-fascisme et idéologie du désir ».
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